Cognac, sans thème – Single Cask Rum

Cognac, sans thème – Single Cask Rum


Cognac, le petit Armagnac. Voilà, je l’ai dit, et je le pense absolument. Au moins en général. Il y a des tonnes d’exceptions bien sûr. J’irais jusqu’à dire que l’Armagnac est meilleur dans l’ensemble, mais que le Cognac possède certains des joyaux absolus. Mais là encore, c’est peut-être juste moi. Quoi qu’il en soit, comme vous allez le voir, nous avons eu une sacrée session !

Jean Fillioux Réserve Franz Keller Vieille Réserve (Grande Champagne, 46%) : Nez : Les épices et les associations façonnées par les épices comme le pain d’épice, la cannelle, le gâteau aux fruits et le spéculoos sont mes premières impressions. Plus tard, plus de fruits légers (pensez aux pommes, aux pêches douces, même à la banane), pas trop de chêne, des notes de vieux café (c’est-à-dire à base de grains rassis) et maintenant clairement aussi des clous de girofle. Cela sent incroyablement bon et complexe, même s’il me manque un peu cet « effet wow ». Bouche : Encore une fois plus épicée avec du gingembre, de l’ail frais et fermenté, de la poudre de paprika, du poivre, des noix de trois ans, de l’huile d’olive, du vieux chêne et encore des clous de girofle. C’est assez différent du nez et je dois dire que je préfère de loin la bouche. C’est définitivement du côté amer des choses, car l’influence du chêne a pressé les tanins et ces notes de noisette mais j’aime ça. Maintenant aussi des zestes d’orange, des prunes et des meubles anciens. Très sympa. Finale : Longue, amère et boisée avec du vernis à bois, des noix, des grains de café et du cacao. Des trucs sympas, mais c’était peut-être mieux à un plus jeune âge. (87/100)

Navarre Vieille Réserve (Grande Champagne, 45%) : Il s’agit d’une cuvée contenant les millésimes 1965, 1970-1975 et 1978-1979. Nez : Plus décroché, vraiment ! Pamplemousse et agrumes apparentés, prunes, chêne, fruits exotiques comme la mangue ou le fruit de la passion mais aussi cuir, mousse humide, noisette, toffee et caramel. L’étoffe dont sont faits les rêves, surtout pour nous les geeks du rhum. Bouche : Tout droit. Pêche (thé glacé aromatisé n’importe qui !?), mangue, fruit de la passion, vanille, cerises douces, noix de muscade, chêne, tabac, prunes, une solide astringence… Que demander de plus ? Vers la finale, peut-être quelques notes plus herbacées, caramel et maïs soufflé sucré. Et puis cette bouche poilue, le Rancio et encore le fruité. Vous devez vous moquer de moi – c’est fou bon. Finale : Ultra longue et en différents décalages offrant la plupart des notes dont nous venons d’assister. J’adore ce mélange de fruit de la passion, de mangue, de vanille et de cerise en particulier. Mais je suis sûr que vous pouvez trouver encore plus. Je pense qu’il faut s’approvisionner. (93/100)

François Peyrot Héritage Lot 59 (Grande Champagne, 44,2%) : 61 ans… oh mon dieu. Nez : Très poussiéreux. Voilà votre ancien magasin d’antiquités. C’est peut-être le style, mais cela peut aussi simplement nécessiter un peu plus de temps. Au bout d’une demi-heure, un peu a changé et au bout d’un quart d’heure encore plus. On retrouve désormais des oranges, des dattes, de la pâtisserie, du bois plus vieux et poussiéreux, du vieux grenier de grand-mère, du jus de prune et des fruits noirs à noyau. Certes intéressant mais il faudra d’abord y goûter. Bouche : Assez douce et onctueuse. Je crois que cela pourrait être légèrement frelaté. Sinon, nous parlons ici d’une texture de classe mondiale. Ça ne va pas beaucoup mieux que ça. Au niveau des saveurs, c’est un peu terne j’ai peur. Oranges, prunes, pâte d’amande, bois, notes herbacées, raisins… tout est là mais cela semble très simple et pas complexe du tout. Certains pourraient appeler cela un équilibre extraordinaire cependant… Je me demande toujours si c’est propre ou non, mais de toute façon, c’est plus ou moins l’opposé de mémorable. Finale : Moyenne longue et identique. Des trucs solides, mais ça pourrait être un peu plus excitant à mon goût. C’est drôle que celui-ci soit probablement le cognac de la session qui m’a le plus enthousiasmé. (82/100)

Fortnum & Mason Cognac 25 ans (~1940/50, 40%) : Nez : Assez boisé mais aussi toujours avec un fruité très vivant sous forme de confiture d’abricot, de pêche et de prunes caramélisées à la cannelle. Plus tard, des notes de plus en plus noisetées et boisées du fût. S’il s’agissait d’un rhum, nous aurions probablement parlé d’un vieillissement tropical excessif même là où le bois a pris le dessus mais le nez a gagné beaucoup d’intensité. Juste un joli bon nez, mes amis! Bouche : Un peu ce que vous attendez après ce nez. On obtient un mélange de bois, de cuir, de tabac et cette confiture d’abricot. Plus tard aussi une bouffée d’ananas, clairement de la cannelle à nouveau, du café peut-être, un peu de cire d’abeille et plus de bois. Vers la fin, quelque chose qui ressemble à de la poitrine et des noisettes et avec la troisième gorgée une note de café encore plus forte. Très bien! Finale : Longue, sombre et pas très riche avec de l’acajou, de la noix et de la réglisse sèche. Je ne sais pas pourquoi je suis surpris mais c’est un excellent produit. 40 % ne sont pas du tout un problème et nous n’avons certainement pas l’impression de manquer quoi que ce soit. (88/100)

Bertrand Héritage Lot n°1 (49,2%) : Celui-ci doit avoir plus de 50 ans. Nez : Vous pouvez dire que c’est quelque chose de complexe et si vous reniflez de temps en temps pendant une heure, vous remarquerez à quel point cela change radicalement. Au début, c’est très poussiéreux avec une promesse de beaucoup de rancio, puis vous trouverez du chocolat et du cuir, plus tard des fruits à noyau comme les prunes et l’abricot, et encore plus tard de la sauce soja et des morilles, du vinaigre fruité et encore ce bois poussiéreux. Je dois dire que c’est extraordinaire, même si cela ne correspond pas parfaitement à mon profil idéal. Ce que j’essaie de dire c’est : on ne peut pas ne pas être subjectif, mais objectivement c’est exceptionnel, compris !? Bouche : Absolument délicieuse. Très moelleux, doux, fruité et chocolaté. Nous obtenons de la mangue, de la pêche, du chocolat au lait, du miel, un mélange d’herbes, du chêne subtil, de la vanille, maintenant aussi du chocolat doux-amer, et nous pourrions continuer encore et encore… La texture est folle, l’intensité est correcte, mais la complexité est tout simplement inouïe de. Quelques watts de plus et nous irions loin. Finale : Longue et tout aussi complexe avec du chocolat, du nougat, du chêne, des herbes, des champignons, du rancio et des prunes légèrement amères. Je pense que Bertrand a poussé la gestion des fûts à ses limites avec celui-ci. C’est du pur nectar. (92/100)

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